Généralités sur les Cloportes

Morphologie
Cycle de vie
Les mues
Régime alimentaire
Les prédateurs
Le cloporte vecteur de maladies

            

Morphologie :

    On divise le corps du cloporte en trois parties principales : la tête, le péréon et le pléon.
Ces trois parties sont elles-mêmes divisées en segments ainsi le péréon est composé de sept segments, le pléon de six segments, le dernier segment du pléon est fusionné avec le telson. Quant à la tête les différents segments ont fusionné mais le céphalon des cloportes ancestraux était composé de cinq segments.

    La partie principale du céphalon est le vertex et deux lobes latéraux et un lobe frontal y sont greffés.
La plupart des cloportes ont des yeux composés de multiples ocelles, ils possèdent également une paire d'antennes et une paire d'antennules très réduite.
Les antennes sont composées de cinq pédoncules, le dernier est appelé flagelle, le nombre d'articles du flagelle est un critère de différentiation des familles de cloporte.

Morphologie d'un cloporte. Dessin de Angelo GROSS 2005

Coupe au niveau du péréon, Dessin d'Angelo GROSS 2003

    Le péréon et le pléon sont recouverts de plaques celles du dos sont appelées tergites et celles du ventre sternites. Il y a sept tergites sur le péréon (ou sept péréonites) et cinq tergites sur le pléon (ou cinq pléonites). Une paire de pattes ou péréopodes est insérée sur le coté ventral de chaque segment du péréon. Les péréopodes ont six articles (voir dessin).

    Sous le pléon sont insérés 5 paires de pléopodes. Chaque pléopode est composé d'un exopodite qui sont des branchies captant l'oxygène à travers une fine pélicule d'eau et d'un endopodite qui ont des fonctions notamment dans la reproduction. Les exopodides possèdent parfois des sortes de "poumons" apellés pseudo-trachées pouvant capter l'oxygène directement de l'atmosphère (voir les casses petites masses blaches sur la photo). Ces organes de respiration ressemblent à de petite sacs blancs et sont bien visibles, à l'oeil nu, entre les deux dernières paires de pattes. Seule les familles les plus évoluées possèdent un tel appareillage, il peut y en avoir 2 grandes paires (Porcellio, Armadillidium) ou 5 petites paires (Cylisticus, Trachelipus).

2 paires de pseudo-trachées, Acaeroplastes malanurus sardous, photo Angelo GROSS 2003

Face ventrale du pleon d'un Armadillidium femelle, Dessin Angelo GROSS 2005

    La "sixième" paire de pléopodes, de morphologie très différente, se nomme uropodes. D'après des observations personelles, une de leurs fonctions serait d'amener l'eau vers les pléopodes permettant leur hydratation. Ainsi j'ai pu observer que des cloportes (gardés en captivité quelques temps sans eau), trempent leurs uropodes dans les gouttes et exercent avec leurs uropodes des mouvements de l'extérieur vers l'intérieur, l'eau remonte alors jusqu'aux pléopodes qui entament alors des mouvements de fermeture et d'ouverture.

     On différencie les mâles des femelles par les deux premières paires de pléopodes qui sont très modifiés chez le mâle. Ainsi les endopodites sont transformés en stylets orientés vers l'arrière et les exopodites s'ornent de soies, de pointes ou de sinuosités. Les femelles n'ont pas de tels pléopodes (voir dessin ci-dessus).
Les pléopodes des mâle sont de formes très variés suivant les espèces (voir photo ci-dessous), chez les grosses espèces le sexage à l'aide d'une petite loupe (10x) est aisé. Ces organes de reproduction sont utilisés pour différencier les espèces quand les autres critères externes laissent des doutes.

Endopodite d'un premier pléopode d'un mâle de
Halophiloscia hirsuta

Paire d'exopodite des premiers pléopodes d'un mâle de
Lucasius pallidus


Cycle de vie :

     La durée de vie moyenne d'un cloporte est de 2 à 3 ans.

     La reproduction est interne et les oeufs sont incubés dans une poche à couver (le marsupium) remplie d'un liquide qui leur évite de souffrir de la sécheresse de l'air. Le jeune cloporte, dans les premières semaines suivant l'éclosion reste dans le marsupium.

     Vingt quatre heures après la sortie de cette poche, les jeunes munis de six paires de pattes effectueront une première mue qui leur apportera leur septième paire de pattes.
Les mues se succéderont chez les juvéniles jusqu'à leur maturité sexuelle environ un an plus tard.
A ce stade, les mues deviendront moins fréquentes. Toutefois, ceci peut changer selon les aires géographiques, les conditions et les espèces.

     Ainsi l'espèce très commune, Philoscia muscorum, dans les prairies dunaires, présente une particularité. Parmi les individus nés une même année, une partie des jeunes devient mature au bout d'un an, l'autre deux ans plus tard.
Cette flexibilité est un des facteurs permettant à ces crustacés de coloniser de nombreux milieux "instables".


Mue des cloportes :

     La mue des cloportes est très caractéristique car elle s'effectue en deux temps :
                - d'abord la partie postérieure avec les derniers segments du péréon et le pléon
                - puis la partie antérieure avec le céphalon et les premiers segments du péréon

     L'exuviation de la partie antérieure s'effectue 12 à 24 heures après l'exuviation de la partie postérieure. Cette mue en deux temps est une économie calcique puisque la calcification de la partie postérieure est concomitante des processus de résorption de la cuticule antérieure.

     Ainsi il n'est pas rare d'observer des cloportes avec un gros derière et l'avant du corps d'aspect vitré (la mue avant est en cours).


Régime alimentaire :

     Les cloportes ont de façon générale un régime végétarien et détritivore (végétaux en décomposition) mais peuvent s'attaquer aux végétaux vivants. Le fait d'être détritivore permet, suivant certain auteur, d'accélérer le processus de décomposition et aider au retour essentiel des nutriment vers le sol.
Ils interviennent dans les pocessus de compostages ont peut ainsi en compter jusqu'à 1000 par kilo de compost pour comparaison dans ce même kilo on trouve environs 10 000 Colemboles, 2000 autres insectes et larves, 10 000 Acariens, 20 gastéropodes (escargots, limaces) et jusqu'a 1000 vers de terre.
     Avec une autre échelle, dans un mètre carré de sol forestier relativement fertile il y a 500 milliards de bactéries, 500 millions de protozoaires, 20.000 vers du compost, 100 cloportes et 50 mollusques (source : Université de bruxelles).


Les prédateurs :

     Même si les cloportes ne sont plus utilisés couramment comme aliment ou médicament par les hommes, du moins dans nos contrées, il leur reste de nombreux prédateurs. Parmis ceux-ci les mille-pattes viennent en premier mais il y aussi des crapauds, des lézards et gecko.
Sont également à citer de nombreux oiseaux (par exemple le Rouge-Gorge) et Le Reniflard chuintant (Emunctator sorbens, pour plus dinfos).

     Dans le monde des inverterbrés, les araignées sont des redoutables prédateurs et certaine se sont spécialisés dans la capture des cloportes. Ainsi les Dysdères (Dysdera sp), possèdent de grandes chélicères dont les crochets articulés horizontalement leur permettent d'être une des seules araignées à capturer et à ingèrer les cloportes.

Dysdera crocata attaquant un Porcellio scaber.

Pholcus sp (?) enmaillotant un Porcellio, île Lavezzi (Corsica).

     Une autre araignée de la famille des Theriddidae a été aperçus mangeant des cloportes. Il s'agit de Steatoda bipunctata, cette araignée mange également des mouches, des opilions ainsi que d'autres araignées. Cette espèce est commune autour et dans les maisons dans toute l'Europe.
(source : Jones D., Guide des araignées et des opilions d'Europe, Ed Delachaux et Niestlé)

     Sur un forum internet consacré aux araignées, Blaine Hebert émet l'hypothèse que Steatoda grossa, sans en être spécialisé, est une fréquente consommatrice Armadillidium vulgare. Peter Smithers (Dept Biological Sciences, University of Plymouth), quant à lui, indique avoir vu des carcasses de cloporte sur des toiles d'Amaurobius similis (famille des Amaurobiidae).


Le cloporte vecteur de maladies :

     Le cloporte est l'intermediare des maladies causées par un ascaride chez la Gélinotte huppée (pour plus dinfos) qui est un oiseau canadien. Ainsi parmi les causes de mortalité chez les jeunes Gélinottes, on compte les maladies transmisent par le Dispharynx, un ascaride nuisible s'attaquant à la Gélinotte par l'intermédiaire des cloportes qu'elle ingurgite. Il est très rare qu'une de ces maladies se rencontre chez l'être humain.







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